Steve Nomad

Respirer

Tu as baigné dans l’amour de tes parents,
à tes côtés, pour tes premiers maux de dents,
entouré, bien protégé, ouais carrément choyé,
quel bonheur c’est vrai de te sentir tellement aimé.
Quand tu faisais mon gars tes tout premiers pas,
avec de chaque côté, maman et papa,
serré de près, de tout près, pour plus d’sécurité,
c’était si facile pour toi de te laisser aller. (suite…)

Roestigraben

C’est sur, pour d’aucuns, c’est carrément le mur de Berlin,
un fossé c’est certain, qu’on le voit dans le terrain
pour fantasmer ils veulent voir, de l’autre côté, des martiens
croient même apercevoir, des tireurs sibériens. (suite…)

Spontanément

De temps en temps je me surprends
rêvant un instant de moments moins violents
d’un monde sans rois sans gagnants ni perdants
ou tous les gens sont traités également (suite…)

Suzanne

Au village, la plus belle c’était toi, et les courtisans ne manquaient pas,
flirter je crois que tu aimais ça, mais pas question d’aller au-delà,
à ton époque les matous étaient déjà partant, pour faire aux girls du rentre dedans,
mais pas question pour une vrai lady, de ne pas leur faire payer un bon prix.
Si tu avais seulement la moitié, déjà de cette forte personnalité,
sûr que beaucoup ont du s’casser les dents, la queue entre les jambes, faut voir comment.
Aujourd’hui, les filles c’est trop, c’est comme s’il les gênait leur berlingot,
alors elles s’en débarrassent au plus vite, toute pressées de prendre des coups de bite. (suite…)

Putain, j’ai la rage

Putain j’ai la rage, quand j’trouve pas le sommeil
et que j’me tourne dans mon lit, difficile d’être poli.

Putain j’ai la rage en pensant à tous ces gens
qui jour après jour ne courent qu’après l’argent. (suite…)

Princesse

Petite déjà tu rêvais d’avoir une robe blanche,
de fleurs à tes cheveux, d’un mouchoir posé sur tes hanches,
à tes yeux d’enfant, l’idéal du bonheur,
de tout tes rêves à coup sûr c’était vraiment le meilleur,
tu te voyais emportée sur un cheval blanc
pour une chevauchée qui durerait jusqu’à la nuit des temps,
ta jeunesse n’a pas toujours été facile, non non,
t’as connu de nombreux gars, bien souvent c’étaient des cons,
dans leurs bras, tu t’es donnée parfois,
tu t’es engagée un instant dans des amours de mauvais aloi.
Au fond de toi, tu as continué à y croire,
conservé dans ton cœur, la foi, un souffle d’espoir. (suite…)

Tourner la page

Il y a des matins confus,
des réveils avec l’âme qui pue,
des pensées qui m’assaillent,
épées jetées dans la bataille. (suite…)

Petite Mathilde

Petite Mathilde,
quand tu joues sur la plage avec des enfants de ton âge,
j’peux dire ma fille qu’je ressens
des émotions dont je ne fais pas l’étalage.
J’te suis du regard,
quand tu décors un palais de sable avec des coquillages.
J’ai pris du retard et c’est un bonheur ineffable de me nourrir de ton image. (suite…)

Un monde à refaire

Il y a vingt ans, j’étais un défenseur de l’Etat,
persuadé vraiment de la légitimité du droit,
tu peux appeler ça des erreurs de jeunesse,
sache que moi je ne renie rien de mes prouesses.
Juste qu’y avait une erreur d’appréciation,
il faut dire qu’à c’t’âge, on est souvent un peu con,
je faisais confiance à la loi et à la justice,
rêvais de faire comme Sonny dans Miami Vice. (suite…)

Mon pote africain

C’est pas sur une autre planète, mais dans les rues de Lubumbashi,
entre cartons vides et canettes, qu’mon pote africain a grandi.
C’est là qu’il a suivi l’école, on peut dire qu’il a été verni,
plus tard ça a été la bricole, jamais un vrai boulot suivi. (suite…)

Les Filles

Les filles,
quand elles sont enfants, elles ont des jeux que personne ne comprend,
elles veulent être infirmière ou princesse, allez savoir comment,
elles s’inventent un monde de rêve qui fait briller leur regard,
elles se disputent très souvent, mais ont peur des bagarres. (suite…)

Last Time

J’les entends déjà, tous les talibans du rap
qui biglent sur le beat comme un homo sur ma bite,
qu’est-ce qui lui prend à ce vieux, de sortir son premier skeud,
le hiphop, j’te balaye, c’est pas pour les cartes vermeilles.
Moi, mon gars tu sais, j’en ai rien à cirer,
de leur protêt, d’leurs cris de vierges effarouchées,
c’est pour toi qu’j’écris, pas pour tout ces p’tits esprits,
pour t’dire que grandir, ben y a pas d’quoi en rire. (suite…)

Laisse-moi

Ca fait longtemps déjà, que j’avance sur ce chemin,
avec pour seule loi de ne jamais penser au lendemain,
longtemps que je cours, que je marche, que parfois je me traine,
souvent même sans savoir au fond où mes pas me mènent.
J’ai rencontré tant de femmes tout au long de ma route,
des salopes ou des dames, je crois que je les ai aimées toutes.
Dans mon cœur bas de laine, non ne parle pas de passe-temps,
elles ont toutes été reines, parfois juste un instant. (suite…)

Je Rappe

Comme souvent les mots ne sortent pas
et je sèche sur la feuille placée devant moi,
les émotions se bousculent en-dedans,
impossible de t’expliquer comme c’est violent.
Tout est lié je le sens bien,
alors faut-il parler de tout, ou plutôt parler de rien.
Qu’importe au fond, je le sais bien,
si moi-même au fond je crois que ça ne change rien. (suite…)

Je ne pars pas

Il est six heures du matin, je me lève et je me passe un peu d’eau sur le visage,
c’est bien un nouveau quotidien de plus en plus, je dois me faire comédien.
Non, pas question pour moi de faire du baratin, mais j’ai parfois l’impression que le trop plein
est atteint, je veille à conserver mon maintien même quand j’en viens à oublier mon latin. (suite…)

Guantanamo

Conditions d’un autre temps, traitements dégradants,
rabaissements constants, même les jours de ramadan.
Eux trouvent ça très marrant, prennent leur pied en t’humiliant.
Chaque instant, jour et nuit, se poursuit ta tragédie. (suite…)